Photographie : Cie La Merco Rose


À TOMBEAU OUVERT
Polar pour marionnettes et comédien

60 représentations depuis la création en novembre 2008,
par Christophe Derrien et la Cie La Merco Rose..
contact : lesgomeres@gmail.com

Dans le garage Cornic, à Meudon-les-Carcasses, marteau, burin, meuleuse, marionnettes et grosse clé à molette. Crac ! Quand Raymond le patron se fait dessouder, l’affaire tourne au polar sauce cambouis. Le flic partisan du moindre effort et l’arpète de neveu, faux-cul comme pas deux, chargent ce pauvre Désiré, le chef mécano, l’éternel perdant, trop gentil, pas assez causant. Mais Désiré file à bord de sa merco chérie, vers Keramour, où Miranda l’attend. Peut-être. C’est pas sûr. Destin incertain. La bagnole roule à tombeau ouvert…

Le texte de la pièce, à paraître en avril 2010, est édité par les éditions Les Mandarines, Kergouarec 56400 Brec'h
Tél. 02 97 24 56 43
http://lesmandarines.free.fr/




LUCIEN
Polar pour marionnettes et comédien

spectacle solo de Marêva Carassou,
adapté de Bartali zig-zag,

Ou quand une jeune fille s'empare du personnage d'un pépé... Quel talent ! Un spectacle tout public,
distribué par Charles Bodin.
Contact : charlescecil@free.fr





 
 

 
Affiches : Nono, Jean-Joseph Lanoë, Tati Mouzo et ?

 




BRAQUAGES
Courts métrages

Quand Tita Production m’a contacté pour me demander de réfléchir à un projet de huit courts-métrages ancrés dans l’univers du « polar », je me suis posé tout de suite la question liée au format : comment, en sept à huit minutes, embarquer le spectateur dans une atmosphère de polar, donc installer une grande tension dramatique ?...
J’ai immédiatement songé à une série de braquages. Parce que le braquage permet d’entrer immédiatement au cœur de l’action. Le spectateur comprend tout de suite ce qui se passe.
Ecrire sur un braquage, c’est a priori s’inscrire dans ce qu’on appelle le « film de genre ». Tout le monde a des images en tête, de faits-divers et de longs-métrages. Le risque, avec le film de genre, c’est de tomber dans les clichés et d’être redondant. Au moins trois choses devraient nous éviter cet écueil : d’abord, chacune de ces histoires policières ou noires sera ancrée dans une région, avec ses spécificités (Provence, Nord, Bretagne, Pays de la Loire), ce qui permettra de donner à chaque film une couleur différente, avec des tonalités urbaines et ou rurales. Ensuite, nous avons opté pour un montage particulier du projet en associant les huit réalisateurs à quatre écrivains de polars réputés pour leur goût des histoires peu conformistes (Francis Mizio, Gilles Del Pappas, Mouloud Akkouche et moi-même).
L’idée est de travailler par binômes écrivains-réalisateurs. Dans un premier temps, écrivains et réalisateurs se sont rencontrés pour décider du choix des histoires. Ensuite, tout le monde s’est retrouvé, à Marseille, pour un week-end de travail, au cours duquel les histoires ont été mises à plat, décortiquées et retravaillées, avec l’aide de tous les auteurs et réalisateurs présents. Dans ce projet, en plus de l’écriture des deux sujets bretons, j’assume la position de directeur de collection de la série Braquages. Puisque les scénarios devront être taillés à la serpe, qu’ils ne devront souffrir la moindre faiblesse, on ne sera pas de trop de trois, pour bichonner le bébé. Pour préparer un film, comme pour préparer un braquage, trois cerveaux valent mieux qu’un, même si c’est le boss, en fin de compte, qui tranche... c’est à dire le producteur.






Illustration Bruno Le Floc'h

Musique de El Kerfi Marcel, chanté par Marêva Carassou :

COUREZ BOURRÉ
[écouter]

On m’prenait pour un rigolo
Quand j’étais coureur de vélo
C’est vrai qu’j’ai pas souvent gagné
Mais quand même, ça m’est arrivé !

C’était un dimanche du mois d’août
Il faisait chaud, j’allais tout doux
Je musardais dans l’peloton
J’avais sifflé tout mon bidon

J’avise une buvette ombragée
Et je m’arrête pour commander
De l’eau pour refaire le plein
Tu me prends pour un pharmacien ?

Le gars m’a vendu une canette
Suis r’monté sur ma bicyclette
Tous les pochetrons m’encourageaient
Étant donné qu’je picolais

Vas-y Lucien, tu les auras
Tous ces planqués, ces fiers à bras
Qui te prennent pour un moins que rien
Montre-leur que t’es l’plus malin

À chaque tour j’ai bu mon coup
Mais je n’étais toujours pas saoul
Devant y’avait trois échappés
Pas moyen de les rattraper

Quand le speaker a annoncé
Que tous les trois étaient tombés
Je suis remonté vers l’avant
Mine de rien, tranquillement

À l’annonce du dernier tour
Je les ai sentis un peu courts
J’ai démarré comme un malade
Derrière, c’était la débandade

J’ai pris cinq cents mètres d’avance
Avant de perdre connaissance
Après j’me rappelle plus de rien
Quelqu’un criait « Vas-y Lucien ! »

Vas-y Lucien, tu les auras
Tous ces planqués, ces fiers à bras
Qui te prennent pour un moins que rien
Montre-leur que t’es l’plus malin


C’est quand j’ai vu la banderole
Que je me suis senti tout drôle
Toute la bière ingurgitée
M’était tombée dans les mollets

Dans le coaltar, j’ai zigzagué
Mais réussi à conserver
Une demi-roue sur le second
Trois longueurs sur le peloton

La miss a voulu m’embrasser
J’lui ai vomi dans le bouquet
Les gens ont éclaté de rire
Vraiment ça leur faisait plaisir

La foule m’a traité en héros
J’ai fait la tournée des bistrots
Un mec bourré qui gagne une course
Ça n’arrive pas tous les joursss

Vas-y Lucien, tu les auras
Tous ces planqués, ces fiers à bras
Qui te prennent pour un moins que rien
Montre-leur que t’es l’plus malin





Affiche Andrée Louarn

Musique de El Kerfi Marcel, chanté par Marêva Carassou :

LA VALSE AUX SABOTS
[écouter]

J’en ai fini du régiment, j’en suis ravi
Mon beau pays, que j’aime tant, car me voici
Pays natal, j’ouvre les bras, sur mon cheval,
Ce soir au bal, on dansera, oui, c’est fatal

Ma bonne amie, ça fait longtemps, douce Marie
J’en ai fini, c’est le moment, vive la vie !
Il faut que tu le trouves beau, mon cœur à nu
Mais à la vue de mes sabots ma voix s’est tue

Mon cœur battait en arrivant, Marie valsait !
Mes yeux pleuraient en la voyant, Marie dansait !
Dans les bras forts de son grand frère, valsait son corps
Oui, sans effort, sans toucher terre, mais sans ressort


Les paysans sont très mal vus, en sabots blancs
Des pauvres gens aux pieds qui puent, gueux et mendiants
Après-midi, suis à pleurer dessus mon lit
Sans soulier ni botte à chausser, c’est bien fini

J’veux plus y aller, trop plouc trop con, quand vient l’idée
De bien tirer mon pantalon pour les cacher
Mes sabots noirs, j’les ai cirés pour faire croire
Marie Boulouard, à des souliers, en désespoir

Mon cœur battait en arrivant, Marie valsait !
Mes yeux pleuraient en la voyant, Marie dansait !
Dans les bras forts de son grand frère, valsait son corps
Oui, sans effort, sans toucher terre, et sans ressort


Car la moisson l’avait fauchée, pieds et talons
Foutue saison, en plein été, Marie, valsons !

Enfant gâté, toujours se plaint. Futilité !
Levez le nez, frères humains, de vos souliers !





Photo Hervé Ronné

Une lecture de l'Arbre aux Chimères,
pour France-Culture,

avec Marcel Jouannaud à l'accordéon :
LA CHANSON DES GRAS
[écouter]

Notre première bordée a lieu au café des Halles, où la clientèle hétéroclite s’entasse dans la pure tradition locale. Rock à donf à l’intérieur d’une boîte de sardines ! Une Brésilienne d’un mètre quatre-vingt-dix me marche sur les pieds, et s’excuse avec la voix de basse d’un marin de la Baltique. Pardon Monsieur ! Un athlète à moustache des années folles balance son haltère dans le verre de bière qui me désaltère. Splash ! Je me retourne, pour prendre l’autre haltère dans l’œil. Aïe ! Pas évident de trouver sa place. Je change de boisson, et j’en avale trois, coup sur coup. Ti-punch, ti-punch, ti-punch. Une girafe au regard de braise me roule une pelle. Ah ! Ça va mieux. Marion me fait les gros yeux. Mais je l’invite à danser, et elle rayonne comme un soleil. Salsa. Allez ! On est bien. Ouais. Ouais. Un autre ti-punch ? Bien sûr. Reggae. Un rasta de contrebande me refile son pétard géant. Ha ha ! Mais, dis-donc, c’est un vrai ! Un autre ti-punch ? Pourquoi pas. Rap.
On dérape !
Par la porte ouverte, le café des Halles crache un panache gris. Fagots de clopes. Vapeur des êtres humains qui se consument. Cheminée d’usine à fumer les sardines. Direction l’Hôtel de France ! C’est Gildas qui mène la danse. Les bonnes gens sont attablés. La nuit des Gras, il est de bon ton de leur faire des blagues. Ingrid lance des sardines crues, en guise de confettis. Elle en a plein les fouilles. Son Esquimau sent fort la marée. Marion s’assoit sur les genoux d’un gros monsieur qui rigole, et devient écarlate à s’en faire péter les vaisseaux. Gildas joue les mariachis, avec son sombrero et sa guitare en fausse carapace de tatou. Aïe aïe aïe ! Caramba ! On boit un demi-litre de tequila. Le restant se renverse sur le poncho du Mexicain.
Allez ! On s’en va, bras dessus, bras dessous, cherchant à tâtons la rue Obscure, qui descend vers le port. Ah ! La rue Obscure… Nous tombons sur un gars et une fille. Pierrot et Colombine se roulent des galoches profondes qui ne nous semblent pas très réglementaires. Un couple illégitime ? Hervé s’amuse à les chronométrer, et lance le concours du plus long baiser des Gras. Gildas propose le baiser-relais, par équipes de quatre. Les tourtereaux nous regardent sans protester, sans sourire, avec cet air grave et triste qu’affectent parfois les amours débutantes. Bon. Ceux-là, c’étaient des vrais.
C’est fou à quel point le temps passe vite, quand on boit. Je reste discuter avec une pompe à essence maculée de vin rouge. Quand je me retourne, y a plus personne.
Où sont passés mes copains ?
La foule est dense sur les quais. Elle tangue. Elle fait des vagues. Sur les bancs publics, des grappes de gamins pas déguisés tètent de grandes bouteilles plastiques remplies de cocktails louches, aux couleurs écœurantes. Y en a un qui vomit son quatre-heures sur le djembé de son copain. Je croise un couvent de bonnes sœurs sans culottes et un bataillon de CRS casqués d’écumoires. Il fait froid. La multitude fabrique des bouffées d’air chaud, que le vent trimballe, au gré de sa fantaisie. Un nombre considérable d’Arabes me saluent comme un des leurs : Salam malecum… Malecum Salam !
Mais où sont passés mes potes ?
(...)

La foule est compacte. Je n’avance plus. Puis elle me pousse dans le dos, et c’est comme une clairière qui s’ouvre en forêt, une clairière que la pleine lune illuminerait. (...)
En face de moi, un groupe de femmes à cornes, déguisées en parts de Vache Qui Rit. L’une d’entre elles s’écrie :
- Position… Boîte !
Et les douze parts s’étalent sur le sol. Le garçon qui les accompagne fait le couvercle, se jette sur elles et les recouvre de ses ailes en carton, avec la fameuse vache, dessinée dans le dos. Les filles se relèvent. Elles sont à peu près aussi atteintes que moi. Je détaille le costume de l’une d’entre elles, et je lis la date de péremption : À consommer avant le 4 mars…
- Le 4 mars, c’est quand ?
- C’est demain. Monsieur est intéressé ?
Je bafouille. Elle en profite :
- Allez ! Laisse-toi tenter. Tire sur la languette rouge. Tire, mon gars !
J’attrape la languette et je tire. Un rideau s’ouvre sur le buste de la fille. Sur ses seins blancs comme du fromage blanc. Et ça rigole autour. Moi, je rigole pas. J’essaie juste de pas me vautrer, avec mes jambes qui flageolent. La fille aux seins blancs me gronde :
- Hé ! C’est les Gras. Faut en profiter. Demain, on brûlera le Den Paolig, et ça sera trop tard pour alors. Si t’en profites pas là, alors ça sera jamais.
J’essaie de comprendre ce qu’elle veut dire par là.
Le temps de réagir et je ne vois plus rien. La foule est à nouveau compacte, et m’entraîne. Une musique de fanfare sort du café, là-bas, plus loin… Hôtel de la Rade… Heure de pointe. Retour au pays des sardines. Je suis bousculé, essoré, et la part de Vache Qui Rit me paie un demi. Très fraîche, la bière. Très chaude, la température ambiante. La fanfare joue Poupée de cire, poupée de son.




En prime, une chanson sur ma voisine, interprétée par Bad Ethics, un groupe punk du Havre. Le CD existe, la musique envoie, mais ils braillent tellement qu'on n'entend rien du texte :


VIEILLE PEAU

[écouter]

La nuit est calme sur la ville
Quand vient la ronde des vigiles
Après minuit y a plus un chat
Bravo ! c’est un peu grâce à moi
Quand les télévisions s’éteignent
Si la sécurité règne
Car du hashish et des drogués
On est enfin débarrassés

Les jeunes étaient mon cauchemar
J’les entendais de mon plumard
Le bruit, la fête et la musique
Les cris des filles hystériques
En épiant par’d’ssus le mur
J’ai aperçu de belles boutures
J’ai prévenu Monsieur l’agent
Faut pas faire de sentiment

Vieille peau, vieille bique
Puisque la vie est un gâchis
Vieille peau, vieille bique
Je voudrais que tout l’monde en chie

Ils me traitaient de vieille bique
De parano, d’amie des flics
Ils disaient qu’en cas de guerre
Pour dénoncer, j’s’rais la première
Maintenant, ils sont en prison
Ca sert à quoi d’avoir raison ?
Les lois c’est pas fait pour les chiens
Devant leur porte, j’fais chier le mien

Pourquoi ils vivent pas comme tout l’monde
Pourquoi disent-ils que j’suis immonde
Ma vie ? J’ai pas été gâtée
J’aime pas les voir rigoler
J’ai envie de leur faire du mal
Que leur vie soit aussi banale
Et que leur vieillesse soit rude
Qu’ils crèvent dans la solitude

Vieille peau, vieille bique
Puisque la vie est un gâchis
Vieille peau, vieille bique
Je voudrais que tout l’monde en chie





Jacky Molard

L'ÉMIR DE LANGOËLAN

Ce vélodrame en sept étapes est le fruit d'une collaboration entre Gilbert Bourdin pour les paroles, Gérard Alle pour le scénario et la mise en scène, et Jacky Molard pour la musique. Distribution : Laurent Join, Erik Marchand, Ronan Suignard, Agnès Brosset et Mona Jaouen au chant, Jacky Molard, Jacques Pellen et Gazman pour la musique live.
Ces extraits proviennent d'un spectacle donné en 1990 à la salle de la Cité, à Rennes, dans le cadre des Tombées de la Nuit :

[Ô ma douce mon loukoum]
[Je voudrais un palais ]
[La course cycliste]
[Mais mais mais qu'est-ce qu'il faut faire ? ]